Les troubles du comportement

Selon la nature du trouble, l’équipe de comportement animal vous dirigera vers le service le plus adapté. Que ce soit pour une consultation privée avec un technicien ou une évaluation comportementale avec le Dr Godbout, vous recevrez les meilleurs conseils. Les troubles les plus fréquemment observés et traités sont les suivants.

Hyperactivité-Hypersensibilité (HS-HA)

Le chien HS-HA réagit excessivement à tous les stimuli de son environnement en aboyant ou en s’excitant. Il est souvent difficile à faire marcher en laisse puisqu’il tire souvent très fortement vers l’avant. À la vue d’un autre chien, animal ou personne, il peut réagir exagérément et vouloir à tout prix interagir avec le stimulus. Il est très énergique et épuise facilement ses propriétaires qui risquent de s’impatienter. Il est très actif (activité motrice exagérée) et un rien l’excite. Il saute, aboie ou mordille et il est difficile à calmer. Dans un nouvel environnement, il explore constamment. Il peut explorer le même endroit à plusieurs reprises avec autant d’intensité que la première fois (inattentif, absence d’habituation normale). Il peut souffrir de boulimie puisqu’il mange très rapidement et ne semble jamais rassasié. Les propriétaires d’animaux HS-HA sont souvent à bout de souffle et ont l’impression de vivre uniquement pour leur animal. Malgré leur niveau d’énergie exagéré, les HS-HA sont très observateurs et très intelligents, qualités ayant souvent pour effet d’exacerber la problématique si les méthodes d’éducation sont inadéquates (punitions physiques et contention). Le chat HS-HA est très énergique. Il aime être près de l’action et des humains. Il ne tolère pas d’être pris dans les bras très longtemps et tente d’éviter les longues caresses. Le chaton HS-HA explore exagérément et grimpe partout. Parfois voleur d’objet ou excellent escaladeur, aucun bibelot ne lui résiste. Il est extrêmement joueur et ses qualités de prédateur peuvent le mener à attaquer les chevilles ou les pieds de ses propriétaires. Certains feront des embuscades pour attaquer les propriétaires en mouvement. S’il est stimulé adéquatement, le chat HS-HA peut facilement apprendre plusieurs trucs et aime rapporter les objets lancés. Ces chats adorent vagabonder librement à l’extérieur et tentent régulièrement de se faufiler dès que la porte s’ouvre. Un manque de stimulation dans l’environnement d’un chat HS-HA sera néfaste et peut mener à différents autres troubles du comportement comme l’agressivité, la malpropreté et autres.

L’agressivité intraspécifique (entre individus de la même espèce).

Certains chiens seront agressifs envers les chiens étrangers. Ces animaux peuvent représenter un réel danger puisqu’ils n’hésiteront pas à mordre sévèrement leurs victimes. La plupart de ces réactions, à première vue gratuites, suivent généralement une séquence spécifique et sont issues d’une mauvaise communication intraspécifique basée sur la peur. L’agression peut affecter deux chiens de la même maisonnée. Dans ce cas, une thérapie doit être débutée rapidement puisque la condition a tendance à se détériorer avec le temps, mettant ainsi en danger la santé et parfois même la vie de l’un des chiens de la maison.

L’agression entre chats est habituellement beaucoup plus subtile puisqu’elle peut être totalement passive. En effet, plus de 70% des propriétaires observent des batailles régulières dans les maisonnées où deux chats ou plus, cohabitent. Ce chiffre ne tient pas compte des agressions par intimidation, responsables d’une grande partie des agressions totales. L’agresseur passif intimide l’autre chat par sa posture ou son regard et peut lui bloquer l’accès à une pièce ou une ressource. Cette forme d’agression passe souvent inaperçue pour les propriétaires et peut avoir des répercussions majeures sur la qualité de vie de la victime et parfois de l’agresseur. L’anxiété et un environnement inadéquat sont habituellement les causes principales d’agression intraspécifique chez le chat.

L’agressivité extraspécifique (envers les individus d’une autre espèce)

Un chien représente toujours un danger d’agression et ce, peu importe sa race ou son âge. Il n’y a pas de races plus agressives que d’autres, mais plutôt des individus qui réagissent de façon agressive à une situation inquiétante, alors que d’autres choisiront une autre option. Le but de l’agression est d’augmenter la distance entre l’animal et le stimulus. Par exemple, si un étranger approche et que le chien grogne, il veut simplement avertir qu’il n’est pas à l’aise avec l’approche et demande à l’individu d’arrêter ou de s’éloigner. L’agression face à un stimulus inquiétant suit une séquence très ordonnée qui consiste en:
  • Une phase de menace (fixe du regard, grogne ou montre les dents)
  • Une pause (analyse la réaction de l’autre individu suite à la phase de menace)
  • Arrêt si l’individu cesse d’approcher ou de menacer ou intensification de la menace (morsure dans le vide, morsure contrôlée avec dents simplement appuyées sur la peau, puis morsure plus intense qui perce la peau). Suite à l’intensification, l’arrêt devrait être automatique.
Chez certains chiens, cette séquence sera altérée ou modifiée. Nous parlons alors dans ces cas d’une maladie qui doit être traitée immédiatement pour éviter des épisodes supplémentaires ou des blessures pouvant causer des conséquences physiques et psychologiques importantes chez la victime et parfois même l’euthanasie de l’animal. La prédation est une autre forme d’agression dont la séquence est totalement différente et silencieuse puisque le but de cette agression est la mise à mort de la proie. Les victimes d’agression de prédation sont souvent de petits animaux comme les chats, les écureuils ou les chiens de très petite taille. Certains chiens exprimeront une séquence de prédation atypique envers différents objets ou sujets en mouvement comme des joggeurs ou des voitures. Chez le chat, les épisodes d’agression envers les humains sont habituellement reliés à la peur, l’anxiété ou la prédation. Le vétérinaire comportementaliste sera en mesure de faire la distinction et de proposer une thérapie adaptée à la situation. Le manque de stimulation mentale ainsi qu’un environnement inadéquat pourra exacerber les agressions de prédation chez le chat.

Les phobies

Certains chiens développeront avec le temps des réactions de peur qui s’accentuent en présence de stimuli spécifiques. Que ce soit au son de coups de feu, de feux d’artifice, de coups de tonnerre ou à la vue d’un éclair, d’un étranger ou d’un objet spécifique, la réaction des animaux phobiques est réellement exagérée pour le contexte. Certains chiens réagiront en se cachant dans des endroits inhabituels, d’autres tenteront de s’échapper par tous les moyens ou désireront être très près de leurs propriétaires. Les signes de phobies sont une augmentation de la fréquence, de la durée ou de l’intensité des signes de peur en présence d’un stimulus quelconque. Une généralisation des stimuli déclencheurs est un autre signe de phobies. Les chats peuvent aussi souffrir de phobies. Les plus fréquentes sont la phobie des étrangers ou de certains bruits.

L’anxiété de séparation

L’anxiété de séparation est une maladie mentale provoquant un état de réelle détresse poussant l’animal à la panique lorsqu’il se retrouve seul. La réaction à cette panique peut varier d’un animal à l’autre en allant des aboiements excessifs à la destruction de la maison ou du mobilier, en passant par la malpropreté ou la salivation excessive. Les propriétaires croiront à tort que l’animal réagit de la sorte par vengeance au fait d’être laissé seul et iront parfois jusqu’à les punir pour leurs actions. Malheureusement, cette condition est hors de leur contrôle tout comme une personne claustrophobe qui ne peut se contenir lorsqu’elle se sent coincée. Certains chiens souffrant d’anxiété de séparation ne seront jamais diagnostiqués puisque les signes qu’ils expriment seront sans conséquence pour les propriétaires ou simplement difficiles à déceler (anorexie, inhibition totale, etc.) Une thérapie doit être débutée le plus rapidement possible pour contrôler cette condition puisqu’elle a tendance à se détériorer avec le temps. Cette condition diminue considérablement la qualité de vie de l’animal. L’anxiété de séparation peut aussi toucher les félins domestiques. Les signes les plus souvent observés seront des vocalises, de la malpropreté ou une activité motrice altérée en l’absence des propriétaires.

La malpropreté

Un animal qui fait des selles ou des urines dans un endroit inapproprié peut souffrir d’une condition médicale sous-jacente comme une infection urinaire, des pierres (calculs) dans la vessie ou d’un trouble comportemental comme l’anxiété. Le dépôt d’urine sur des surfaces verticales comme les pattes de chaise, les divans ou les cadres de porte peut être un comportement normal de marquage. Le traitement du marquage sera différent du traitement des troubles de malpropreté, c’est pourquoi il importe de faire la distinction. L’apprentissage de la propreté chez un chiot devrait prendre au maximum 4 semaines. Si le chiot demeure malpropre après cette période, il faut s’assurer que les techniques d’entraînement sont adéquates et que ce dernier ne souffre pas d’un trouble médical sous-jacent.

La malpropreté chez le chat est habituellement reliée à un trouble médical ou une mauvaise gestion des aires d’élimination. Les chats sont souvent très pointilleux sur l’hygiène des bacs à litière et auront aussi des préférences individuelles quant au substrat désiré pour faire leurs besoins. Il est donc primordial de faire une évaluation médicale complète et d’optimiser les aires d’élimination avant de conclure à un trouble du comportement ou se départir de l’animal. La présence de plus d’un chat dans la maison ou de chats errants à l’extérieur peut mener au marquage urinaire chez le chat domestique. La vaporisation d’une faible quantité d’urine sur des surfaces verticales est un comportement de communication normal chez le chat et peut être favorisé par la présence d’autres animaux dans l’environnement immédiat. Ces conditions sont habituellement faciles à contrôler avec une thérapie comportementale et médicale adéquate.

Les vocalises excessives

Les aboiements chez le chien servent de moyen de communication. Certains chiens sont plus vocaux que d’autres et peuvent aboyer pour plusieurs raisons. Il faut donc se poser les 2 questions suivantes:
  • Envers quoi aboie-t-il ?
  • Pourquoi aboie-t-il ?
Le chien peut aboyer envers une personne connue, un étranger, un autre animal, un bruit, un objet, etc. Il peut aboyer pour jouer, solliciter de l’attention, poser une question, parce qu’il a peur, etc. En identifiant le stimulus et la raison des aboiements, il est possible de contrôler ce comportement par des thérapies comportementales spécifiques.

Certaines races de chats semblent plus vocales que d’autres. Les vocalises excessives chez le chat âgé peuvent cacher une condition médicale comme l’hyperthyroidisme, une diminution sensorielle (ouïe, vue et odorat) ou une dégénérescence du système nerveux. Chez les jeunes chats, l’anxiété de séparation, une recherche d’attention ou une douleur pourrait être à l’origine des vocalises. L’évaluation de l’environnement physique et social de l’animal de même qu’un examen physique et des tests sanguins permettront au vétérinaire comportementaliste de poser le bon diagnostic et établir une thérapie adéquate.